Texte de l'intervention de Jean-Luc Collette lors de la réunion publique du mercredi 10 février 2010
"Sur ce projet Avenue de la Seille, j'ai des remarques d'ordre général d'une part et relatives aux modes de déplacements doux d'autre part.
D'un point de vue général tout d'abord, autant le
projet Mettis me fait rêver car il constitue une avancée majeure dans le domaine des déplacements urbains dans l'agglomération messine, autant ce projet d'Avenue de la Seille ne me fait pas rêver du tout.

Il s'agit en effet de réaliser un axe routier important qui coupera la ville en deux, avec tous les désagréments que cela implique pour l'ensemble des usagers de la ville. En particulier, la pollution et les nuisances ne resteront pas confinées aux zones peu urbanisées que l'avenue est censée traverser.
Mais à Metz nous sommes habitués à ce genre de situation ; après l'autoroute qui traverse déjà la ville en longeant le Plan d'Eau, nous aurons l'avenue de la Seille qui traversera la ville en longeant le parc de la Seille. L'histoire se répète en quelque sorte ...
On pourrait se dire que ce projet est un mal pour un bien puisqu'on nous annonce la réduction du trafic sur les axes sud de l'agglomération : avenue André Malraux, avenue du XXème Corps Américain. Cependant, le risque que le trafic reste ce qu'il est actuellement sur ces axes voire qu'il augmente est à envisager aussi. Dans cette hypothèse les bus TCRM continueraient alors à être englués dans la circulation générale, et ceci d'autant plus que dans le projet Mettis, on ne réalisera pas les axes aménagés qui auraient permis à ces bus de circuler dans des couloirs réservés.

Quant à la place Camille Hocquard, là voilà donc transformée dans ce projet en rond-point géant avec 3 voies de circulation dans l'anneau ; là non plus, la perspective n'est pas très réjouissante. D'ailleurs, on pourrait la rebaptiser Place de l'Etoile, pour faire penser à la place parisienne qui, pour ceux qui ne connaissent pas, est un cauchemar même pour les automobilistes, c'est dire ... Monsieur Hausmann était peut-être un précurseur en son temps, à l'époque des calèches et des omnibus, mais 150 ans plus tard, on en a un peu marre des ronds-points géants en ville.
Donc ce projet consacre à mon sens trop d'espace public aux voitures, mais finalement c'est à l'image de ce qui s'est déjà fait à Metz. Par exemple, y-avait-il une urgente nécessité à refaire 4 voies de circulation dans la rue aux Arènes, au niveau de l'accès au parking souterrain de l'Amphithéâtre ? Est-il crucial que la rue Jules Lagneau au Sablon soit à deux fois deux voies ? Bien d'autres exemples pourraient illustrer ces excès de voirie automobile qu'on ne souhaiterait plus voir. Hélas, on se rend compte que cette logique simplement routière dans la conception des voiries urbaines reste de mise dans ce projet. Cette logique qu'on peut qualifier pour simplifier de « tout bagnole » devrait faire place à un partage plus équitable de l'espace public, comme on le préconise par exemple dans le programme partenarial « Voirie pour tous » initié par le Ministère des Transports.
Gageons qu'il reste de la place dans ce projet pour les adeptes des déplacements doux, notamment les piétons et les cyclistes. Pour les piétons, on peut espérer que leur parcours ne sera pas une course d'obstacle, comme l'était la traversée de la place Mazelle avant les travaux. Pour les cyclistes, il conviendrait de compléter l'itinéraire cyclable existant entre la Grange-aux-Bois et le rond-point de la rue du Pont-Rouge, point de départ de la future avenue. A partir de ce rond-point, il faudrait donc
1) maintenir la liaison cyclable vers l'aménagement le long du boulevard de Trèves,
2) réaliser une liaison cyclable vers le centre-ville, via le passage de Plantières,
3) réaliser une liaison cyclable vers la gare SNCF, via la rue de l'Amphithéâtre, en cohérence avec le projet Mettis.
Merci de votre attention."